L'odeur du cuir dès ma plus tendre enfance : les bottes en cuir de mon père qu'il enfilait pour partir au travail à 10h du soir...Hé, oui, mon père était policier motard de nuit à Paris. Une fois une seule il est venu à la maison avec ses deux collègues en plein milieu de la nuit, il avait du oublier quelque chose. Souvenir : le bruit des moteurs, les phares qui éclairaient toute la maison, et moins glop la tête de ma mère qui avait eu très peur suite à la crainte permanente de LA mauvaise nouvelle : la chute, la mort.
Un dimanche, jeune, très jeune, avec mes parents et mon frère, avant d'aller manger au mess, le Bonjour aux collègues de mon père au garage des motos à la Cité, juste à côté de Notre Dame à Paris. Les femmes n'étaient pas admises, mais les petites filles si. Donc un passage rapide dans cet endroit délicieux :des centaines de bécanes énormes toutes belles toutes propres, une odeur d'huile et de cuir, et des gars en uniforme pas trop moche type chevaliers noirs....
Le temps passe. Mon frère n'a jamais été tenté par le deux roues à moteur, moi, pas d'amis à moto sauf en terminale, ou là deux découvertes :passagère sur 125 c'est sympa, sur grosse cylindrée, c'est grisant

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Hop, quelques années plus tard, passage du permis B et mon père me permet de prendre sa voiture :une R8 pas Gordini mais bien jouissive quand même à conduire. A Paris, j'enfumais tout le monde au départ, hors agglomération elle était sympa, juste qu'elle ne dépassait pas le 90 et qu'elle virait au rouge dès qu'on faisait plus de 100km d'affilé .
Bref, j'adoooore conduire, mais j'ai un blocage par rapport à la moto parce que j'ai baigné dans la crainte permanente de ma mère qui se demandait tous les matins si son mari allait rentrer du boulot entier ou pas. Malgré les filtres parentaux, on récoltait mon frère et moi des infos sur les collègues décapités par les glissières, ou paralysés à vie, et on voyait partir le paternel de temps en temps en habits d'apparat pour les enterrements.
Donc il m' a fallu quitter le foyer parental pour enfin oser passer le permis moto. Je l'ai dit à personne mais manque de bol, je suis tombée et me suis cassé la clavicule sur le plateau sur un gros cube de l'époque (vers 1990 je ne sais plus sur quoi j'ai commencé). Ça tombait très mal car j'étais aux urgences pendant que tout le monde me cherchait pour un grave pb familial. Obligée de cracher le morceau, pas cool pour la maman qui n'avait pas besoin de ça, mauvais timing.
Z'en avez pas marre ? Je continue ?
(oui, oui, oui !!!)
Ok les amis !
Bref, clavicule réparée, hop je reprends les cours, mais ça ne passe plus, la grosse cylindrée ne veut pas tourner dans les virages (enfin, surtout moi). Je transforme le passage de permis GC par un permis 125. Plateau, lent rapide questions et circulation OK ! j'ai mon permis 125 !
Je ne le dis pas à mes parents, me fais refourguer une poubelle dangereuse par un aimable concessionnaire du 15eme arrondissement (125 TWIN dont les câbles électriques étaient à nu sous la selle qui n'avait plus de garde boue CAD trempée de flotte à la première goutte- mais ça je l'ai vu APRES) .
Un non moins aimable taxi parisien m'a fait voler sur le trottoir un mois et demi après l'achat de ce bolide, qui est parti direct à la casse. Et moi bobo têtête mais merci le casque.
Fin de la moto pour les 25 ans suivants....plus d'argent , séchée, vidée.
Puis il y a deux ans, un pb familial et un besoin vital de me donner un but, avoir un bon challenge, des sensations, et le souvenir de celles en moto.
Alors, avec mon brave permis 125 des années 90', je pars à la recherche de la bestiole qui me rendra gaie sans me vider les poches. je prends 2h à la moto école qui avait la 125 CBF que je voulais acheter le lundi, et le mardi je pars au guidon de ma p'tite CBF à moi. Je capte très vite les limites de la bestiole un poil trop juste sur voies rapides et pour doubler, et 9 mois après je m'inscris pour le A. Entre temps je prends une bonne gamelle qui me permet de comprendre que les cours de toute manière ce ne sera pas de l'argent foutu en l'air, j'en conduirai d'autant mieux la 125.
J'ai appris sur des BMW 700GS. Avant chaque cours, j'étais mal, très mal. Puis sur place, le pur bonheur. Puis le permis en septembre, l'essai de diverses 600 dans la foulée, la vente de la p'tite 125 le 11novembre, merci la météo clémente de 2015 ! l'achat de la 600CBF S, une Vosgienne, le 15 novembre, un baptême Epinal Strasbourg par le col de la Schlucht pour démarrer

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Et maintenant si je ne la prends pas pour aller bosser, c'est une journée triste.. et le dimanche, un coup dans les Vosges du Nord (glagla), un p'tit tour à Belfort (tiens il a neigé), un A/R à Besançon par les petites routes :3500 bornes depuis son acquisition, et quelques frayeurs à la clef, mais j'ai cru comprendre que ça faisait partie du job
A la fin du mois, je traverse la France d'Est en Ouest Alsace-Pyrénées. De belles routes et de beaux paysages en perspective.
J'ai attendu un poil longtemps, mais ça valait le coup

Je vous souhaite plein de bonheur sur votre monture !!!!
CBF 125 2014-2015 12000 KM. CBF600S 2006 39000-99986, CBF600S 2005 38000...